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Rémunération / Avantages / Frais - Liste des décisions publiées


C.J.U.E.


C. const.


Cass.


  • Les avantages accordés pour lier les travailleurs à l’entreprise sont octroyés en contrepartie du travail fourni et constituent une rémunération, peu importe qu’ils soient payés par un tiers, en l’occurrence la société mère de l’employeur, sans engagement direct ou indirect de ce dernier.
    Sont indifférents pour conclure qu’il ne s’agit pas de la contrepartie du travail fourni l’absence de qualité de tiers-payant dans le chef de la société mère, l’absence d’engagement contractuel et d’engagement financier de l’employeur, direct ou indirect,
    ainsi qu’un processus de sélection initié par la société-mère, dans lequel l’employeur fait des propositions de candidats et motive sa recommandation.
    La Cour censure l’arrêt de fond, qui avait par ces constatations conclu que les avantages ne représentent pas la contrepartie du travail fourni dans le cadre de l’exécution du contrat de travail.

  • Le juge civil qui statue sur une demande fondée sur une infraction et qui examine si celle-ci est prescrite doit établir que les faits à l’origine de la demande relèvent de la loi pénale.
    Il doit examiner les éléments constitutifs de l’infraction qui influent sur l’appréciation de la prescription. Si plusieurs infractions pénales constituent la manifestation successive d’une même intention délictueuse, cette infraction est consommée au moment du dernier manquement. L’infraction consistant à ne pas verser les salaires, les pécules de vacances et les primes de fin d’année conformément aux règles légales est constituée dès que le paiement n’a pas été effectué à l’échéance.

  • (Décision commentée)
    Lorsqu’ils ne sont dus ni en raison de la suspension ni en raison de la cessation du contrat de travail, les avantages en espèces ou évaluables en argent que l’employeur s’oblige à payer au travailleur en exécution du contrat de travail sont la contrepartie du travail fourni en exécution dudit contrat et constituent, par conséquent, de la rémunération au sens de l’article 2, alinéa 1er, 1° et 3°, de la loi du 12 avril 1965.

  • La rémunération que l’auteur ou l’artiste-interprète lié par un contrat de travail perçoit de son employeur pour la cession de ses droits patrimoniaux qu’il avait consentie lors de la conclusion du contrat de travail est la contrepartie de la cession de droits relatifs à une prestation effectuée en exécution du contrat de travail. Cette contrepartie constitue donc, en principe, un avantage à charge de son employeur auquel le travailleur a droit en vertu du contrat et fait ainsi partie de la rémunération sur la base de laquelle sont calculées les cotisations de sécurité sociale. Il est indifférent à cet égard que ces droits patrimoniaux soient ultérieurement cédés par l’employeur à un tiers.

  • Dans les matières qu’il couvre, l’article 23 de la Constitution implique une obligation de standstill qui s’oppose à ce que l’autorité compétente réduise sensiblement le degré de protection offert par la règle applicable sans qu’existent pour ce faire de motifs liés à l’intérêt général.
    Le juge qui constate que la règle nouvelle réduit sensiblement le degré de protection offert par la règle ancienne doit, pour s’assurer que la mesure prise est justifiée par des motifs d’intérêt général, vérifier si elle est proportionnée au but recherché.
    En fondant sa décision sur la circonstance que l’absence, lors de l’adoption de la mesure critiquée, de motivation expresse par l’autorité de la proportionnalité de celle-ci au regard des exigences de l’article 23 de la Constitution autorisait la cour du travail à moins de retenue dans son contrôle, alors qu’aucune disposition n’impose pareille obligation de motivation à l’auteur de la mesure, l’arrêt attaqué viole ladite disposition constitutionnelle.
    (Cassation de C. trav. Bruxelles, 20 mai 2019, R.G. 2016/AB/394 - ci-dessous)

  • Conclusions M. l’Avocat général H. MORMONT

  • Le principe général du droit relatif à l’exception d’inexécution, qui, dans un rapport synallagmatique, autorise le créancier d’une obligation exigible à suspendre l’exécution de sa propre obligation jusqu’à ce que le débiteur exécute ou offre d’exécuter la sienne, s’explique par l’interdépendance des obligations réciproques, se conditionnant les unes les autres, qui caractérise les contrats synallagmatiques et, plus largement, les rapports synallagmatiques. Il ne s’applique pas à la relation de travail régie par un statut fixé unilatéralement par l’employeur public dans des règlements, et en particulier à l’obligation qui résulte de ces règlements pour cet employeur de payer la rémunération.
    (Arrêt rendu suite à une grève administrative de pompiers statutaires, à la suite de laquelle leur employeur avait décidé de retenir 10% de leur rémunération)

  • Conclusions de M. l’Avocat Général H. MORMONT avant Cass., 10 juin 2024, S.21.0073.F

  • (Décision commentée)
    Un employeur accordait à certains travailleurs un montant mensuel qualifié de « complément aux allocations familiales légales » (montant équivalant aux allocations familiales perçues par chacun de ces travailleurs).

    La Cour casse l’arrêt de fond qui avait admis que, les indemnités augmentant la rémunération nette globale des travailleurs - ceux-ci ayant des charges familiales pour lesquelles ils percevaient des allocations familiales et au regard desquelles le montant de l’indemnité n’était pas excessif -, et ce au motif que par ces considérations la cour du travail ne justifie pas légalement sa décision qu’elle constitue un complément qui majore une prestation de sécurité sociale, en l’occurrence les allocations familiales.

    M. l’Avocat général a rappelé dans ses conclusions que le seul critère déterminant pour qu’une indemnité soit considérée comme un complément aux avantages accordés pour les diverses branches de la sécurité sociale est que celle-ci doit avoir pour objet de compenser la perte de revenus du travail ou l’accroissement de dépenses provoqué par la réalisation d’un des risques couverts par les diverses branches de la sécurité sociale. Le fait que l’indemnité en cause augmente les sommes nettes perçues par le travailleur ne suffit pas à en déduire qu’elle a pour objet de compenser et de jouer ce rôle.

  • Dès lors que l’employeur (institution publique) a, lorsqu’il a établi l’organigramme des différents emplois existant en son sein (que le gouvernement de la Région wallonne a ensuite approuvé), commis une faute en ne reconnaissant pas à un membre du personnel l’emploi qu’il occupait comme un emploi correspondant à un grade déterminé et que celui-ci a subi un dommage égal à la différence entre la rémunération due en vertu de l’échelle de traitement liée à ce grade et celle qu’il a perçue, le juge doit, pour établir le lien de causalité entre cette faute et ce dommage, reconstruire le cours des événements en omettant la faute ; s’il ne peut modifier les autres circonstances dans lesquelles le dommage est survenu, il doit, dans la mesure où la faute affecte ces circonstances, en faire abstraction.

  • Aux termes de l’article 2, § 1er, de la loi du 24 février 1978 sur les contrats de travail des sportifs rémunérés, on entend par sportifs rémunérés ceux qui s’engagent à se préparer ou à participer à une compétition ou à une exhibition sportive sous l’autorité d’une autre personne, moyennant une rémunération excédant un certain montant. La rémunération visée à cette disposition est la rémunération connue au moment de l’engagement et ne comprend pas les avantages rémunératoires qui dépendent d’un événement incertain. Le pécule de vacances doit, par conséquent, être inclus dans la base de calcul des cotisations sociales tant des footballeurs liés par un contrat de travail de sportif rémunéré que de ceux liés par un contrat de travail au sens de la loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail.

  • La circonstance qu’une somme d’argent ou un avantage évaluable en argent payé ou alloué en contrepartie du travail fourni par un travailleur en exécution de son contrat de travail ne soit pas attribué par l’employeur avec lequel le travailleur est lié en vertu de ce contrat mais par un tiers étranger à cette relation de travail n’exclut pas que cette indemnité soit prise en considération au titre de rémunération pour le calcul de l’indemnité compensatoire de préavis fixée à l’article 39 de la loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail.

  • (Décision commentée)
    Dès lors que la vente d’un produit financier a lieu à l’occasion de la vente par les vendeurs au service d’un concessionnaire du véhicule lui-même et en raison et à l’occasion du travail exécuté par ces vendeurs en vertu du contrat de travail, ce travail accessoire de vente des produits financiers constitue (dans les conditions relevées en l’espèce par l’arrêt de la cour du travail), comme le travail principal de vente des véhicules, l’exécution de ce contrat de travail.

  • En vertu de l’article 19bis, § 1er, de l’arrêté royal du 28 novembre 1969 pris en exécution de la loi du 27 juin 1969 révisant l’arrêté-loi du 28 décembre 1944 concernant la sécurité sociale des travailleurs, en règle, un titre-repas est considéré comme rémunération s’il a été ou est octroyé en remplacement ou en conversion de la rémunération, de primes, d’avantages en nature ou d’un quelconque autre avantage ou complément à tout ce qui précède, passible ou non de cotisations de sécurité sociale. Cette disposition ne distingue pas selon que le remplacement ou la conversion de la prime est total ou partiel.

  • (Décision commentée)
    L’article 2 de la loi du 12 avril 1965 étend la notion de rémunération aux avantages en argent ou évaluables en argent auxquels le travailleur a droit à charge de l’employeur en raison de l’engagement, bien qu’ils ne constituent pas cette contrepartie. La rémunération allouée pour le travail effectué en raison du contrat de travail constitue dès lors de la rémunération au sens de l’article 2 et, en vertu des articles 14 de la loi du 27 juin 1969 et 23 de la loi du 29 juin 1981, elle entre en ligne de compte pour le calcul des cotisations de sécurité sociale. Ceci peut viser des primes versées par un fabricant aux employés d’une société de distribution qu’elle a chargés de vendre ses produits.

  • L’article 39, § 1er, alinéa 3, de la loi du 3 juillet 1978 (qui prévoit, lorsque la rémunération en cours ou les avantages acquis en vertu du contrat sont partiellement ou entièrement variables, qu’est prise en compte pour la partie variable la moyenne des 12 mois antérieurs ou, le cas échéant, la partie de ces 12 mois au cours de laquelle le travailleur a été en service) établit une règle pour le calcul de la rémunération et des avantages auxquels le travailleur a droit au moment du congé lorsque ceux-ci sont variables. Elle n’a pas pour effet que tout avantage ou rémunération variable payés dans les 12 mois antérieurs au congé constitue une rémunération ou un avantage en cours au moment de celui-ci. Lorsqu’un bonus a été octroyé pour une année antérieure et qu’une clause du contrat de travail stipule qu’un tel octroi ne fait pas naître de droit pour les années ultérieures, le juge peut considérer, selon les circonstances, que le travailleur n’avait pas droit à un bonus au moment du congé, même si l’employeur n’a pas manifesté auparavant sa décision de ne pas octroyer de bonus pour l’année en cours.

  • La nature de complément aux avantages accordés pour les diverses branches de la sécurité sociale au sens de l’article 2, alinéa 3, 1°, c), de la loi du 12 avril 1965 (complément aux allocations familiales en l’espèce) ne ressort pas de la constatation que ces « avantages alternatifs » sont exonérés de cotisations sociales, constituant des allocations familiales extra-légales, et que, de ce fait, le travailleur perçoit un montant supérieur (de 13,07%) à celui de sa rémunération brute initiale.

  • L’indemnité de mobilité prévue dans la commission paritaire de la construction est exclue de la notion de rémunération en vue du calcul des cotisations de sécurité sociale en application de l’article 19, § 2, 4°, de l’arrêté royal du 28 novembre 1969, ceci à la condition d’être calculée conformément aux règles fixées dans la convention collective sectorielle. Il ne peut être admis, comme ceci a été fait en l’espèce, qu’un mode de calcul non conforme (prise en compte des distances réelles sur la base des tachygraphes et d’une moyenne d’un mois ramenée sur le nombre de jours prestés aux fins d’obtenir un nombre de kilomètres moyen) peut donner lieu à l’application de l’exonération prévue à l’article 19, § 2, 4°, 2ème alinéa, de l’arrêté royal.

  • (Décision commentée)
    En sécurité sociale, la notion de rémunération (passible de cotisations) est non seulement celle à laquelle le travailleur a droit, étant la contrepartie du travail effectué en exécution du contrat de travail, mais également celle payée en raison de l’engagement : est rémunératoire l’avantage qui constitue un droit pour le travailleur à charge de l’employeur et en raison de celui-ci.

  • (Décision commentée)
    Le fait qu’un tiers prend financièrement en charge un avantage accordé au travailleur en raison de son engagement par son employeur (qui ne le prend donc pas en charge lui-même, et ce ni directement ni indirectement) ne change rien au fait qu’il s’agit d’une rémunération au sens de l’article 2 de la loi sur la protection de la rémunération.

  • Les dispositions de l’article 100 des lois coordonnées sur la comptabilité de l’Etat fixant la prescription des actions en paiement des créances contre l’Etat – d’ordre public – n’excluent pas l’application de la règle de l’article 26 de la loi du 17 avril 1878 contenant le TPCPP – également d’ordre public - en vertu de laquelle l’action civile résultant d’une infraction ne peut se prescrire avant l’action publique.

  • Le principe général de droit fraus omnia corrumpit ne prive pas celui qui a reçu une somme, non déclarée comme rémunération aux administrations fiscale et sociale, de faire valoir contre celui qui la lui a payée qu’elle constitue une rémunération reçue en contrepartie du travail fourni en exécution d’un contrat de travail.

  • (Décision commentée)
    Une indemnité devant être considérée comme un complément aux avantages accordés pour les diverses branches de la sécurité sociale est exclue de la notion de rémunération au sens de l’article 2, al. 3, 1°, c) de la loi du 12 avril 1965 nonobstant la circonstance qu’elle soit réservée à certains travailleurs en violation de l’article 45 al. 1er de la loi du 27 juin 1969.
    Même si une indemnité exclue sans restriction de la notion de rémunération en vertu de l’article 2, al. 3, 1°, c) de la loi du 12 avril 1965 est réservée à certains travailleurs en violation des règles prohibant la discrimination, elle ne perd pas sa qualification d’indemnité au sens de cet article 2, al. 3°, c).

  • En vertu de l’article 19, § 2, 5° de l’A.R. du 28 novembre 1969, les avantages accordés sous la forme d’outils ou de vêtements de travail ne sont pas considérés comme rémunération. Cette règle s’applique indépendamment de la question de savoir qui octroie cet avantage, que ce soit l’employeur lui-même ou un tiers, la constatation qu’il s’agit de tels avantages suffisant.

  • (Décision commentée)
    Non-paiement de rémunération : « infraction instantanée » et non « délit continu »

  • (Décision commentée)
    L’obligation de standstill consacrée par l’article 23 de la Constitution ne s’oppose pas à ce que l’employeur public réduise – fût-ce sensiblement – la rémunération de ses agents pour des motifs liés à l’intérêt général, à la condition que cette réduction n’affecte pas le caractère équitable de la rémunération.

  • Pour le calcul des cotisations de sécurité sociale, il faut entendre que constituent de la rémunération, pour l’application de la loi du 12 avril 1965, les indemnités payées directement ou indirectement par l’employeur qui doivent être considérées comme un complément aux avantages accordés pour les diverses branches de la sécurité sociale, c’est-à-dire pour les avantages accordés dont l’objet est la couverture d’un risque de sécurité sociale. A pour objet la couverture d’un tel risque l’avantage qui a pour but d’aider à couvrir la perte des revenus du travail ou les coûts provenant de la réalisation d’un risque de sécurité sociale sans qu’il y ait lieu de prendre en considération le statut ou la fonction du travailleur.

  • L’indemnité payée en vertu d’une clause de non-concurrence conclue pendant l’exécution du contrat de travail (en ce compris après le congé et durant le délai de préavis) est obtenue en raison du contrat de travail. Elle constitue de la rémunération au sens de l’article 2 de la loi sur la protection de la rémunération. Elle est dès lors soumise aux cotisations de sécurité sociale. Tel n’est pas le cas de l’indemnité perçue en exécution d’une convention conclue après la rupture du contrat.

  • Usage privé d’un laptop – si l’avantage est attribué gratuitement mais qu’il fait l’objet d’une évaluation fiscale forfaitaire (PC, raccordement et abonnement internet), il y a un avantage en nature, dont la contre-valeur correspond à l’évaluation fiscale – il n’est pas imposé à l’O.N.S.S. de démontrer le caractère privé de l’utilisation faite de l’avantage ainsi accordé – cassation de C. trav. Bruxelles, 13 décembre 2012

  • L’indemnité payée par l’employeur à un artiste-interprète ou exécutant en raison de la cession des droits patrimoniaux à laquelle l’artiste s’est engagé lors de la conclusion du contrat de travail constitue la contrepartie de la cession des droits relatifs aux prestations effectuées en exécution du contrat de travail. Cette indemnité constitue, en règle, un avantage auquel le travailleur a droit à charge de l’employeur en raison de son engagement. Elle fait partie de la rémunération sur la base de laquelle les cotisations de sécurité sociale sont calculées.

  • La circonstance que l’élément moral consistant en une négligence peut en principe être déduit du fait matériel commis et que l’employeur ne conteste pas expressément l’existence de l’élément moral du délit ou n’invoque pas lui-même l’existence d’un cas de force majeure, d’une erreur invincible ou d’une autre cause d’excuse, ne fait obstacle à ce que le juge constate que cet élément moral est inexistant et que le travailleur n’en apporte par la preuve.

  • (Décision commentée)
    Bons de réduction promotionnels – avantage accordé sous certaines conditions – absence de caractère rémunératoire

  • (Décision commentée)
    Absence de cotisations

  • Applicable à la clause de non-concurrence - indication de celle-ci dans le contrat de travail et paiement après la rupture : critères indifférents

  • Si des décisions pénales sont intervenues précédemment et que l’employeur a été acquitté au bénéfice du doute, celles-ci ne peuvent être considérées comme une erreur invincible constituant un motif de non imputabilité d’une infraction ultérieure et permettant de considérer que la légalité du mode de fonctionnement de l’entreprise ne pouvait être mise en doute. Il y a lieu de procéder à une analyse comparative détaillée des modalités d’exécution des prestations de travail litigieuse avec celles des travailleurs concernés précédemment par les deux décisions pénales.

  • La bonne foi peut constituer une cause de justification lorsqu’elle provient d’une erreur invincible. L’erreur de droit peut, en raison de certaines circonstances, être considérée par le juge comme invincible à la condition que, de ces circonstances, il puisse se déduire que la personne qui y a versé a agi comme l’aurait fait toute personne raisonnable et prudente. Si le juge constate souverainement les circonstances sur lesquelles il fonde sa décision, la Cour contrôle s’il a pu légalement déduire de celles-ci l’existence d’une cause de justification.

  • Il faut entendre par ˝rémunération au sens de l’article 2, al. 1er, 1° et 3°, de la loi du 12 avril 1965˝ le salaire en espèces et les avantages évaluables en argent auxquels le travailleur a droit à charge de l’employeur en raison de son engagement. Cette notion comprend les salaires et avantages, même lorsqu’ils ne constituent pas la contrepartie du travail effectué en exécution du contrat de travail. L’absence de prestations ne peut déboucher sur la conclusion que l’employeur n’était pas redevable de la rémunération, le droit de celui-ci à la rémunération à charge de l’employeur en raison de l’engagement devant être vérifié malgré l’absence au travail.

  • (Décision commentée)
    Indemnité due en raison de l’engagement (art. 2, loi du 12 avril 1965)

  • Le juge qui statue sur une demande fondée sur une infraction et qui vérifie s’il y a prescription doit constater que les faits qui servent de base à la demande tombent sous l’application de la loi pénale. Il doit donc relever les éléments constitutifs de cette infraction, qui ont un effet sur l’appréciation de la prescription. La cour du travail s’étant limitée à constater que le travailleur invoquait l’existence d’une infraction et s’étant abstenue de s’assurer que les éléments constitutifs de l’infraction étaient réunis, il y a lieu à cassation.

  • Gratification accordée par "sympathie" - absence de preuve du caractère de libéralité et non de somme versée en raison de l’engagement - caractère non rémunératoire admis pour les marques personnelles de sympathie ou de considération de la part de l’employeur ou à l’occasion d’un événement particulier dans la vie privée ou familiale du travailleur

  • Le bénéfice réalisé par le travailleur à la levée de l’option sur actions ne constitue pas une rémunération sur laquelle des cotisations sont dues

  • L’article 2, alinéa 3, 3°, de la loi du 12 avril 1965 exclut de la notion de rémunération les indemnités payées directement ou indirectement par l’employeur qui doivent être considérées comme un complément des avantages accordés pour les diverses branches de la sécurité sociale.
    Pour décider qu’une indemnité ne doit pas être considérée comme une rémunération en vertu de cette dernière disposition, le juge ne peut limiter son examen à un seul des avantages prévus par la législation qui régit la sécurité sociale.
    Une prime versée en vertu d’une CCT d’entreprise aux travailleurs qui arrivent à l’âge de la retraite présente ce caractère et non celui d’une prime de départ sans que cette qualification soit remise en cause par la circonstance que, en cas de décès de l’employé avant sa mise à la retraite et après dix ans de service au moins, il soit accordé à ses ayants droit une indemnité égale à trois fois son appointement normal du mois du décès.

  • En vertu de l’article 26 du titre préliminaire du Code de procédure pénale, l’action civile résultant d’une infraction est prescrite après cinq années révolues à compter du jour où l’infraction a été commise, sans qu’elle puisse l’être avant l’action publique. Cette disposition est applicable à toute action civile fondée sur des faits qui révèlent l’existence d’une infraction, même si ces faits constituent également un manquement contractuel et si l’objet de la demande est l’exécution de l’obligation contractuelle en réparation du dommage subi.

  • La prescription quinquennale applicable à l’action civile résultant d’une infraction vise toute demande tendant à une condamnation qui se fonde sur des faits révélant l’existence d’une infraction, lors même que ces faits constituent également un manquement aux obligations contractuelles du défendeur et que la chose demandée consiste en l’exécution de ces obligations.

  • Les indemnités octroyées en cas de fermeture d’entreprises ne sont pas considérées comme rémunération pour le calcul des cotisations de sécurité sociale lorsque, du moins, il est satisfait aux conditions de la fermeture d’entreprise au sens de la loi et aux conditions d’octroi des indemnités de licenciement visées par la loi de 1966. Tel est le cas non seulement des indemnités de licenciement, mais aussi de celles octroyées à titre de dommages-intérêts aux travailleurs licenciés à la suite de la fermeture de leur entreprise. Tel n’est, en revanche, pas le cas des primes octroyées, à titre de mesure d’accompagnement, aux travailleurs obligés de partir qui, dans le cadre d’un plan social visant à compenser au maximum les licenciements par l’octroi de prépensions conventionnelles ou l’organisation de replacements dans d’autres établissements du groupe, refusent ces mutation ou prépension, optent pour un départ "volontaire" de l’entreprise et signifient eux-mêmes leur congé.

  • Pour déterminer si l’indemnité forfaitaire de poste due par l’employeur et reprise au contrat de travail sous la qualification d’émoluments est de nature compensatoire, il appartient au juge du fond d’examiner concrètement si, et dans quelle mesure, cette indemnité compense des frais supplémentaires réellement supportés par le travailleur et liés à son occupation dans le pays d’affectation.

C. trav.


Trib. trav.




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